Le manque de bras oblige à déplacer le regard

L’Europe aborde 2027 avec une pénurie de professionnels qui n’a plus rien de conjoncturel.

Pourtant, elle continue largement à penser la politique du grand âge à partir d’une offre existante que chacun s’accorde à qualifier d’insuffisante.

D’autres pays ont déjà déplacé la question : non plus seulement « combien de places et de professionnels ? », mais « comment permettre à une personne de continuer à vivre chez elle, dans son environnement, avec les ressources de son territoire ? »

Au Canada, les accords fédéraux-provinciaux Vieillir dans la dignité consacrent 2,4 milliards de dollars canadiens sur quatre ans à l’amélioration des soins à domicile et dans la communauté.

Le maintien à domicile n’y est pas réduit au passage d’un soignant. Il englobe les soins, l’aide domestique, les repas, les transports, l’adaptation du logement, la participation sociale et le soutien aux proches. Une manière de penser le domicile comme un écosystème plutôt que comme une succession d’interventions.

Aux Pays-Bas, la politique est plus radicale encore. Depuis 2015, les municipalités évaluent ce que la personne peut encore faire, puis ce que sa famille, ses proches ou ses voisins peuvent apporter. Elles organisent ensuite les aides sociales, le répit et le soutien aux aidants informels.Les soins infirmiers et personnels relèvent de l’assurance santé et sont coordonnés par une infirmière de quartier. L’établissement reste accessible lorsqu’une surveillance permanente devient nécessaire.Cette place donnée aux proches n’est évidemment pas sans risque. Elle ne peut fonctionner que si les aidants sont reconnus, accompagnés et protégés, afin que le maintien à domicile ne repose pas sur une charge familiale invisible.

La France parle encore beaucoup de pénurie, de places et de dispositifs. Le Canada et les Pays-Bas nous invitent à regarder ailleurs : vers une politique construite autour de la vie réelle de la personne, de son logement, de ses liens et de son territoire. Trouver davantage de bras n’est plus la question. Elle est de décider ce que nous voulons leur permettre de faire — et autour de quelle vie nous choisissons d’organiser l’accompagnement.

Sources : Gouvernement du Canada, accords Vieillir dans la dignité ; Conseil fédéral-provincial-territorial, Soutiens communautaires essentiels pour vieillir dans la communauté ; Gouvernement néerlandais, Living independently for longer et Long-term care at home ; OCDE, Supporting informal carers of older people

Article élaboré avec l’aide de l’intelligence artificielle.

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